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Le 06 août 2008
A lire dans la lettre d'information trimestrielle du PNUD au Maroc, l'interview de la cordinatrice du projet ALBAMAR dans la rubrique "Zoom sur un projet".
Le 26 juillet 2008
L’AFVIC a organisé une journée de sensibilisation sur les dangers de l’immigration clandestine à la bibliothèque de Ain Sbaa, destinée aux jeunes de ce quartier de Casblanca, en partenariat avec l'association Empreinte Atlas.
Le 23 juillet 2008
Découvrez les photos d'Anaïs Pachabézian sur la réalité vécue par les migrants subsahariens en transit, réalisées durant le mois d'octobre et novembre 2007 entre le Maroc et la Mauritanie.
Témoignages recueillis au centre AFVIC de Khouribga« Son retour est considéré comme une faiblesse, un caprice » Kadour En 1989, alors que le visa n’a pas encore été rendu obligatoire, Kadour, 33 ans et marié, fatigué de vivre dans la précarité, entreprend de partir pour l’Italie. Il effectue le voyage sans trop de difficultés. Son installation n’est pas de tout repos. Il commence par séjourner dans bon nombre de villes, sans y rester. Il arrive à Rome et continue vers le sud. Il tente d’abord sa chance à Salernes, où il est vendeur ambulant. Il dort sur la plage et se fait vite repérer par la police locale qui l’incite vivement à partir. Il a entendu dire que de la famille éloignée s’est installée à Sarno, un peu au nord de Salernes. Il s’y rend et trouve un emploi de gardien de voiture pendant trois mois. On lui conseille alors de repartir, pour retrouver encore d’autres parents qui travaillent dans le secteur agricole sur Boco Marino. Mais la saison agricole ne dure qu’un temps. Puis il va dans la ville de Pagani. La chance semble être enfin de son côté : il trouve très vite un emploi de jardinier. Ses employeurs sont un couple de médecins italiens, il est logé. Il leur est reconnaissant et garde un bon souvenir de cette période. Pourtant, il avoue qu’il n’a jamais réussi à gagner correctement sa vie. Pour lui, la principale raison, c’est la concurrence liée à l’arrivée des albanais et des roumains sur le marché du travail italien. C’est ce qui l’incite à revenir au pays, dit-il, d’autant plus qu’il n’est toujours pas régularisé. Il revient donc de son plein gré en 1993. Au début, il est accueilli chaleureusement, surtout par sa femme et sa mère. Mais une fois le temps des retrouvailles passé, ses proches adoptent une toute autre attitude : son retour est considéré comme une faiblesse, un caprice. Ses proches vont jusqu’à le qualifier d’égoïste car ils ne bénéficient plus de l’argent qu’il leur envoyait. Fatigué de ces réprimandes, il se met progressivement à éprouver un profond regret d’être revenu parmi les siens. L’adage qui dit que « Personne ne peut se mettre à sa place », il l’admet, vaincu. Son mal-être n’est pas seulement lié aux jugements de sa famille, c’est la société tout entière qui lui fait ressentir un manque de considération : un homme qui a échoué n’est plus vraiment un homme. Dans cette atmosphère, sa peine et sa nostalgie tournent à l’obsession, et n’auront de cesse tant qu’il ne sera pas reparti. Vingt et une fois, il a déjà tenté de passer la frontière : sept fois à Melilla, sept fois à Ceuta et sept fois à Tanger, toujours sans succès. Ces tentatives onéreuses et avortées ne l’empêchent pas de garder espoir : un jour, il repartira. Désormais il encourage vivement son fils à prendre le chemin de la clandestinité. Il a même économisé depuis quelques années pour lui payer son passage.
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