Actualites






Le 06 août 2008


A lire dans la lettre d'information trimestrielle du PNUD au Maroc, l'interview de la cordinatrice du projet ALBAMAR dans la rubrique "Zoom sur un projet".


Le 26 juillet 2008


L’AFVIC a organisé une journée de sensibilisation sur les dangers de l’immigration clandestine à la bibliothèque de Ain Sbaa, destinée aux jeunes de ce quartier de Casblanca, en partenariat avec l'association Empreinte Atlas.


Le 23 juillet 2008


Découvrez les photos d'Anaïs Pachabézian sur la réalité vécue par les migrants subsahariens en transit, réalisées durant le mois d'octobre et novembre 2007 entre le Maroc et la Mauritanie.


TEMOIGNAGES DE MIGRANTS

rapport AFVIC naufrage

 

 

rapport AFVIC CCDH

 

 

 

GALERIE PHOTOS

DOCU LE PIEGE

reseau ram



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migration : ressources Afvic

RAPPORT RELATIF AU NAUFRAGE DE MIGRANTS AU LARGE DES COTEs D'AL HOUCEIMA

-INTRODUCTION                                                                Télécharger en PDF
-FAITS
-TEMOIGNAGE D’UNE RESCAPEE   
-BILAN PROVISOIRE
  
-CONCLUSIONS

FAITS

Les faits suivant ont été reconstitués d’après les témoignages recueillis par les membres de la commission d’enquête de l’AFVIC, auprès des rescapés rencontrés à Oujda les vendredi 9 et samedi 10 mai 2008.

Le  28 avril 2008 à 23 heures, deux patéras (des zodiacs de type militaire) sont parties des côtes d’Al Hoceima (Nord Est du Maroc), avec 60 personnes dans chaque embarcation,  à destination d’Alméria

En pleine mer, le 29 avril vers 2 heures du matin,  la première patéras a été interceptée par la Marine Royale marocaine. Elle s’est arrêtée et a été remorquée vers les côtes marocaines.

Peu après, la seconde patéras a à son tour été interceptée. Contrairement à la première, elle a refusé d’obtempérer aux sommations de la Marine Royale. Parmi les passagers se trouvait le « connexion man », personne qui a en sa possession l’argent des passagers. Pour information, les témoins ont confirmé avoir payé chacun la somme de 1250 euros. Selon les témoignages, le « connexion man » a menacé verbalement le conducteur de la patéras de le jeter à la mer s’il obéissait aux injonctions des soldats marocains.

« La patéras ne s’est pas arrêtée, on a couru quelques minutes, la Marine royale nous suivait à la même vitesse, les soldats se sont munis d’un bâton auquel ils avaient fixé un objet tranchant, et ont volontairement perforé le bateau pneumatique » (Eric, ivoirien, 37ans)
 
Toujours selon des témoignages concordant, en l’espace de quelques minutes, un côté du zodiac s’est dégonflé, provoquant le chavirement de l’autre côté de l’embarcation. Un agent aurait alors lancé aux migrants : « Vous pouvez continuer votre route pour l’Espagne maintenant… ».

« Une autre équipe de la marine est venue nous secourir mais c’était déjà trop tard, beaucoup de morts… On nous a jeté une corde, c’est avec cela qu’on nous a sauvés ».

Cette arrestation par la force a entraîné un mouvement de panique. Certains ont tenté de se rattacher au zodiac et ont péri noyé. Un deuxième navire de la Marine royale a rejoint le lieu du drame et a tenté de porter secours aux victimes et assistance aux rescapés. Un témoin rapporte l’arrivée d’un navire de la guardia civile, information qui n’a pas pu être confirmée auprès de tous nos témoins.
 
 « Nous nous sommes comptés à notre arrivée à Al Hoceima, nous étions 31 survivants ».

La noyade a fait 29 morts parmi les  passagers de cette seconde patéras, dont 4 femmes (dont une femme enceinte) et 4 enfants (1 fillette, 2 jumelles et 1 garçon), tous originaires de pays d’Afrique subsaharienne (Mali, Nigeria, Congo, Ghana, Cameroun, et Côte d'Ivoire). Selon deux témoins ivoiriens, V.C âgé de 39 ans et L.A âgé de 37 ans,  les 31 survivants du naufrage ont été ramenés à terre par deux autres bateaux des forces de sécurité marocaines. Dix corps ont été repêchés et transportés par ambulance à la morgue de l’hôpital d’Al Hoceima. Les 19 autres personnes sont à ce jour portées disparues. 

À leur arrivée, les rescapés ont été conduits dans un poste de police, où ils ont été photographiés et où on a pris leurs empreintes digitales. Malgré les multiples traumatismes subis, les rescapés ont ensuite été refoulés en camion, de nuit, jusqu’à la ville d’Oujda, à la frontière algérienne, dans ce qui semble s’apparenter à une expulsion ordinaire. Cela pour tenter d’étouffer la tragédie.

Suite à la diffusion de l’information, les autorités marocaines ont rendu public un communiqué, faisant état du naufrage d’une embarcation au large des côtes d’Al Hoceima, en précisant que les secours s’étaient présentés et que 10 cadavres avaient pu être repêchés. Les déclarations des officiels marocains ont confirmé que les rescapés avaient bénéficié de bons traitements. La deuxième chaîne de télévision (2M) a diffusé des témoignages de rescapés confirmant les propos du communiqué. Toutefois, aucune information sur les causes et les conditions du naufrage n’ont été précisées.

Certains témoins affirment que deux autres patéras ont fait la traversée vers l’Espagne sans incidents quelques jours plus tard. Une femme nigériane, rescapée de la tragédie, était à son bord. Elle a appelé ses compatriotes dès son arrivée en Espagne. Cela confirme ce que nous disait un rescapé :

« On a signé un pacte : soit on passe, soit on périt dans la mer »